Savoir argumenter
lors d’un débat
Intérêts
Lors du débat vos élèves vont devoir argumenter pour étayer leurs propos, leurs opinions.
L’objectif du discours argumentatif consiste à propos d’un thème (un sujet) de soutenir une thèse (un point de vue, une opinion) qui réponde à une problématique.
Exemple : un thème est un sujet de discussion plus ou moins précis, délimité : le réchauffement climatique.
Une problématique est formulée sous forme de questions à propos du thème : quelles sont les activités responsables du réchauffement climatique ?
Une thèse est une réponse à cette problématique, une prise de position tranchée ou nuancée : les émissions de gaz à effet de serre dues au transport sont responsables du réchauffement climatique, toutefois les industries sont également responsables…
Objectifs pédagogiques de l’argumentation
Argumenter, c’est donc définir la stratégie la plus efficace, la plus habile pour :
- Faire connaître sa position, sa thèse.
- Ebranler des contradicteurs, faire douter un opposant, faire basculer les indécis.
- Contredire une thèse opposée, critiquer une position contraire ou éloignée.
- Démontrer avec rigueur, ordre et progression.
- Se mettre en valeur.
- Servir une cause, un parti, une foi…
- Marquer les esprits par des effets de logique, de présentation, de mise en perspective, des procédés oratoires…
L’argumentation permet à l’élève de :
- Développer des capacités de réflexion, de synthèse, d’expression orale.
- Prendre confiance en lui et en ses positions.
Celui qui argumente peut faire appel à la raison, aux facultés d’analyse et de raisonnement, à l’esprit critique du destinataire.
Il formule une thèse.
Il s’aide d arguments, c’est-à-dire des éléments de preuve destinés à l’étayer ou à la réfuter.
Ces arguments sont eux-mêmes illustrés par des exemples variés : tirés de l’expérience personnelle, des lectures, des divers domaines de la connaissance : sciences, histoire, philosophie… Ce peut être des références à des penseurs ou écrivains (citation), à des anecdotes amusantes ou frappantes (paraboles), à la sagesse des nations (proverbes), à des valeurs symboliques ou culturelles partagées (zoomorphisme, mythes)...
Mais il peut également faire appel aux sentiments ou aux émotions du destinataire. Il s’agit pour l’émetteur de jouer sur des valeurs et des repères culturels communs.
Ainsi la défense d’une thèse s’appuiera sur des principes universels ou du moins en principe partagés par la majorité : la Vérité, le droit au bonheur, l’équité, la sincérité..., ou sur les valeurs admises par un groupe social déterminé : l’honneur, le courage, la probité, le travail, le patriotisme…
Cette thèse s’appuie également sur des références culturelles communes qui font naître une complicité propice à l’adhésion : jeux de mots, traits d’esprit, intertextualité, connotations, détournements, allusions…
Le discours va se faire à la fois expressif et impressif, il va essayer de transmettre des émotions fortes, d’impressionner le destinataire pour agir sur lui.
Le locuteur doit impliquer ses destinataires, leur faire considérer que sa thèse est aussi la leur, qu’ils partagent les mêmes combats et les mêmes intérêts.
II est ainsi amené à utiliser souvent le « tu » ou le « vous », parfois le « nous » qui crée une communauté d’intérêt. Il les prend à témoin au moyen d’interrogations oratoires dont il n’attend pas de vraies réponses. Ces questions rhétoriques ou fausses questions sont simplement destinées à animer le discours et à varier le mode de l’affirmation.
Méthodologie
Les types d’arguments
L’argument d’autorité : on fait référence à une autorité politique, morale, scientifique reconnue et experte. Par exemple : le réchauffement climatique est bien réel selon des études menées par...
L’analogie qui consiste à comparer deux faits, deux situations pour en déduire une valeur explicative, pour donner en exemple. L’augmentation de la température de la Terre est comparable à celle du corps humain : si votre température corporelle passe de 37° à 38° soit un degré de plus vous êtes malade, c’est la même chose pour la terre.
Les rapports de cause à effet. Tel phénomène entraîne tel autre phénomène selon le postulat du déterminisme. Les émissions de gaz à effet de serre entraînent le dérèglement du climat, plus de canicules, d’inondations et modifient les écosystèmes.
Les avantages ou les inconvénients. Recherche des effets sur différents plans. Réduire les émissions de gaz à effet de serre permettrait de ralentir le réchauffement de la planète et diminuerait les problèmes de santé lié à la qualité de l’air.
Utilisation de données scientifiques, historiques, numériques. En principe elles sont irréfutables.
La rapidité du réchauffement climatique est due à l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre de l’activité humaine de ces 100 dernières années.
Par analyse et élimination des autres solutions. Valable pour une argumentation longue où la réponse à de prévisibles objections. Les progrès technologiques sur les moteurs automobiles ne suffisent pas à enrayer la progression des émissions de gaz à effet de serre.
Par généralisation. À partir d’un ou deux exemples, on généralise. L’agglomération lilloise a mis en place une politique des transports collectifs qui concilie les modes de transports collectifs en site propre (métro, tramway, ter) et autobus propres roulant au méthane provenant de la fermentation de boues de stations d’épuration. Ceci montre tout l’intérêt d’un développement des transports propres.
Argument des « paliers ». Les efforts, les sacrifices font parvenir à un palier, avec les premiers résultats positifs, et ainsi de suite jusqu’au résultat final. Le prix de plus en plus élevé de l’essence, la médiatisation des exemples de modes de transport alternatifs ont permis de sensibiliser le grand public qui commence à adopter des comportements écocitoyens (covoiturage,…).
L’accord paroles/actes : pour rendre sympathique, marquer la loyauté. Yann Arthus Bertrand fait en sorte que ces émissions de télévision soient compensées carbone en replantant des arbres.
L’alternative : blanc ou noir, la bourse ou la vie, la valise ou le cercueil. C’est aujourd’hui que nous devons changer nos comportements : soit nous adoptons dès aujourd’hui des comportements diminuant nos émissions de gaz à effet de serre, soit la terre se réchauffe et nous disparaîtrons dans une centaine d’années.
Appel aux valeurs supérieures. Importance du point de vue choisi.
Si je réduis l’usage de ma voiture je réalise un acte citoyen pour toute l’humanité car je contribue à diminuer les émissions de gaz à effet de serre et de ce fait à réduire le dérèglement climatique et la pollution atmosphérique responsable de problèmes de santé publique.
Prise à témoin. Recherche de l’accord du destinataire. Voyez-vous d’autres moyens qu’une nouvelle politique énergétique ?
L’ironie est une arme essentielle de la stratégie argumentative parce qu’elle rend le récepteur complice, qu’elle l’oblige à parcourir la moitié du chemin dans l’adhésion à la thèse. L’opinion se dissimule en effet derrière une formulation strictement inverse ; aussi le lecteur doit-il être attentif et réagir aux indices qui la lui indiquent :
- Une logique absurde : elle consiste à relier une cause donnée et une conséquence sans rapport avec elle. L’absurdité marquée de cette relation doit heurter le lecteur. Par exemple, Montesquieu, dénonçant le racisme primaire s’exprimait ainsi : "Les nègres ont le nez si écrasé qu’il est presque impossible de les plaindre".
- La caricature poussée jusqu’au cynisme : le lecteur est averti par l’énormité du propos ou son caractère franchement ignoble. Montesquieu : "Le sucre serait trop cher si l’on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves."
- L’antiphrase : c’est le procédé essentiel. Il s’agit ici de juger un phénomène à l’inverse de ce qu’on attendrait. Devant les gribouillis d’un apprenti écrivain, le critique va encenser le « caractère admirable » de la production. Comme le compliment est public, forcé par l’exagération et le ton, il ne laisse aucun doute sur les intentions de celui qui le prononce au point que le récipiendaire en est souvent marqué à vie.
La rhétorique est une véritable « logique des sentiments ». Ses images marquent, séduisent, s’immiscent dans l’inconscient du destinataire. "Fumer, c’est se consumer un peu plus chaque jour". Les slogans, les titres accrocheurs, les jeux de mots (allusions, connotations, paronomase…) en sont des exemples frappants.
Source
http://www.etudes-litteraires.com/argumentation.php







